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La différence est un atout

Osons la France

Le vendredi 5 avril, j’ai assisté à la journée “Osons la France”, lancée par Aude de Thuin et ouverte avec cette phrase pleine d’optimisme : “Et si le meilleur était devant nous ?” (c’est également le titre de son dernier livre ici). De cette journée, terriblement stimulante et riche en conférences et témoignages engageants, j’ai retenu des idées et mots-clé qui reviennent souvent dans les fresques que j’ai le plaisir de réaliser.

Dans une France habituée à penser négativement (“think negativ” sont les mots notés sur mon cahier pour résumer l’enquête de Claudia Senik à lire ici), oser ne pas se comporter normalement se révèle une véritable aubaine. Alors que les actions en faveur de la diversité dans les entreprises traitent la différence comme un problème, c’est précisément le hors-norme qui doit être cultivé et valorisé : la véritable ressource de transformation, ce sont les forces qui proviennent des marges du sytème. Oser la différence, transgresser les normes, devient la posture à cultiver précieusement aujourd’hui !

Oser la différence, c’est prendre exemple sur ceux qui réussissent malgré la morosité ambiante, en dépit des obstacles sur la route ou de la défaite annoncée. Les personnes “différentes” – par leur culture, leur origine, leur chemin de vie… – privilégient une attitude distanciée qui favorise la vigilance et développe la bonne dose de curiosité nécessaire pour trouver des ressources insoupçonnées et construire, grâce à l’empathie et à un langage direct, un réseau relationnel diversifié qui permet de rebondir.

Avec la distance qui oblige à lever le pied et sortir la tête du guidon, l’innovation se manifeste par un point de vue créatif, qui résiste au jugement et à la peur d’être catalogué “asocial”, mis en valeur par la capacité à hybrider des ressources : ainsi l’innovation s’associe souvent à la tradition.

Pour compenser l’écart entre les compétences et les stéréotypes, les personnes considérées “handicapées” s’impliquent davantage en ayant un rapport soutenu à la prise de risques. Prendre plus de risques permet d’éviter le péril (auquel on n’échappe pas sans prendre de risques !), par exemple, en acceptant les dossiers les plus épineux. C’est aussi se donner le pouvoir de dire “non” pour gagner en liberté et autonomie, qualités nécessaires à l’innovation.

La réciprocité élargie : ceux qui partent perdants, pour inverser leur destin, ont souvent reçu le soutien d’une bonne fée (un parent, un instituteur, un compagnon ou être aimé…). Ce qu’ils ont reçu, ils le transmettent à leur tour, dans un élan de générosité qui permet de créer du lien, d’être à l’écoute des autres et de négocier habilement.

Être différent oblige à une plus grande flexibilité. Comme devenir co-opétiteurs (terme qui mélange compétitivité et coopération) : tout en se retrouvant en compétition sur un marché, proposer une offre mixte. Allier les compétences et créer une communauté d’acteurs-compétiteurs sera le signe de ralliement de demain. Cette communauté d’oseurs se construit sur la confiance, la transparence et le respect, en privilégiant le long terme (des contrats perdants à moyen terme se révèlent extrêmement gagnants sur le long terme) et en acceptant de redevenir compétiteurs si nécessaire.

La culture de l’aventure. Entreprendre devient une aventure qui transforme et touche l’être et la société : par leur goût pour l’analyse et l’introspection (“qu’est-ce qui fait sens pour moi ?”) et dans le but de provoquer le destin, ceux qui osent s’entreprennent en même temps qu’ils entreprennent.

Le langage de demain : Do It Yourself (DIY) ou Do It Yourself With Others (DIYWO). Parce que la débrouille se généralise, de plus en plus de produits seront fabriqués par les usagers dans des fablab (le nouvel artisanat numérique), avec l’aide des tutoriels mis à disposition par les makers. Une nouvelle économie se met en place pour pallier aux manques actuels.

Et un horizon se dessine, dans une France si merveilleusement pessimiste. En misant sur sa marge, elle peut renverser la vapeur… Y croire ! Avoir la foi signifie mobiliser des affirmations qui ne sont pas vérifiables aujourd’hui, mais qui se concrétisent au fur et à mesure du processus. Le sentiment de bonheur naît de la capacité à se projeter : pour passer du négatif au positif, il lui faut un narratif collectif tourné vers un avenir prometteur, en cultivant le plaisir à être et travailler ensemble… C’est ce que la journée “Osons la France” a défendu en proposant un progamme en continu pendant vingt-quatre heures non-stop, avec nuit festive à l’appui.

“Il y a du délire en interne !” dit un jeune entrepreneur en parlant de l’ambiance dans ses bureaux. À l’image de toutes les petites phrases dites en rigolant, que je relève dans mes fresques, ces mots spontanés sont pour moi le signe d’une grande vitalité et d’un élan porteur, sur lequel il faut miser pour transformer la et les sociétés… pour le meilleur de tous.

La facilitation graphique permet de saisir ces instantanés et de dégager les idées qui ont de la valeur tout en cultivant le “délire interne”, propice au changement. Osez la différence !

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Habiller une réunion !

Ambiance

J’habille les mots… Voilà une définition de la facilitation graphique qui me va comme un gant ! Tout processus à besoin d’un visage, d’une forme qui le manifeste et le contienne. Le vêtement agit comme un médium pour rapprocher le fond et la forme, tout en envoyant “des signes de reconnaissance positifs, motivants et interpellants” au groupe. Il est “à la fois catalyseur et résultat de l’intelligence collective » et indique “la bonne marche et le bon réglage” de la dynamique espérée.

Je remercie chaleureusement Philippe, Pascal et Gilles pour leur témoignages.

Me We

“La facilitation graphique habille une animation et, comme tout vêtement, en dit long sur les échanges de la journée d’un simple coup d’oeil. De plus, l’interactivité apportée par cette technique est appréciable : les participants ont été séduits par la qualité du travail de Vanina et s’en sont servis dans les réflexions qui ont suivi. Par la suite, nous avons réutilisé la frise dans les documents de restitution. La rapidité de convergence et le suivi dans le temps sont un vrai plus.
Philippe Caillol, concepteur de nouveaux produits, facilitateur en innovation

“J’assimile la facilitation graphique au sillage d’un voilier sur la mer : éphémère, il indique pourtant la bonne marche et le bon réglage du voilier, dans une lecture écologique, en lien avec le monde. En quelques minutes, les participants parcourent le processus, les différentes animations, les messages-clés et les moments importants de l’événement.
Dans le travail avec Vanina, j’apprécie tout particulièrement la qualité de notre interaction, la qualité de son écoute du groupe et la clarté de lecture de la fresque.
Pascal Gayet, Terres Inconnues, coach organisationnel

“J’apprécie la pertinence des productions de Vanina et de l’effet produit sur les participants d’un événement : curiosité, envie de relire, étonnement et fierté, attrait pour l’esthétique visuelle… Le tout complètement en lien avec les thèmes abordés et les échanges vécus.
La facilitation graphique donne une valeur ajoutée inédite aux travaux co-élaboratifs que je conduis. Elle apporte une trace et une illustration artistiques à fort contenu, exploitables par la suite dans la communication – et, potentiellement, dans l’exploitation de l’événement. J’ai constaté que les représentations visuelles sont des signes de reconnaissance positifs, motivants et interpellants pour le groupe. Ces représentations sont à la fois catalyseur et résultat de l’intelligence collective mise en action, tant au plan intellectuel qu’émotionnel.
J’apprécie également la présence discrète et sereine de Vanina. Tout au long du processus, elle manifeste son professionnalisme par la fluidité de sa relation avec l’animateur et avec le groupe, en préservant la qualité visuelle et sémantique de ses productions esthétiques.
Gilles Gambin, Tissences Consulting, consultant-coach, spécialiste du Co-Design pour des projets inédits

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