La facilitation graphique

Qu’est-ce que la facilitation graphique ?
La facilitation graphique est une pratique qui stimule l’implication de chaque membre d’un groupe par la représentation visuelle en temps réel de ce qui se dit. Comment, face à un enjeu commun, aider à la construction d’une vision et d’un engagement, sinon en impactant l’esprit avec une trace visuelle (car notre cerveau pense aussi avec l’image). La facilitation, c’est l’art de conduire des réunions efficaces, stimulantes et engageantes, qui portent à l’action juste.

Une réunion, un but ou objectif espéré. Un groupe, des gens qui se parlent ou s’ignorent, se comprennent ou s’évitent, ayant chacun leur mode de pensée, leurs besoins et priorités. Comment faire pour que cette réunion devienne non seulement efficace, porteuse de solutions et d’actions, mais aussi un moment de convivialité et de plaisir partagé ? On n’est jamais aussi efficace qu’en s’amusant : le jeu ne s’oppose pas au sérieux, au contraire il le renforce.

Faciliter, un mot qui fait rêver… Rendre facile, c’est aider, favoriser, simplifier un processus… Make easy! Dans le monde de l’entreprise et des organisations, faciliter signifie assurer la conduite de réunions efficaces pour aider un groupe à atteindre ses objectifs. La facilitation de groupe pose le cadre (très important !) qui réunit les conditions favorables à une émergence de l’intelligence collective.

La facilitation est graphique parce que “dessinée”. La technique utilisée ici pour faciliter est le dessin. Le dessin permet de matérialiser les échanges de façon visible par tous, organise chaque idée et fédère. Il est le support du pas en avant. On peut dire que l’expression graphique facilite la facilitation !

CVT bagages

La puissance du visuel
“Comment voyez-vous votre futur ? Par une image !… Une image peut mettre en mouvement. Une image peut unir des nations. Une image peut toucher votre cœur et vous remplir d’un désir profond de faire quelque chose.” Ce sont les mots de Patti Dobrowolski dans une captivante conférence à visionner ici.
Il existe un langage bien plus parlant et engageant qu’un texte écrit sur powerpoint : l’image ou le langage visuel vivant. Plus efficace et direct, le langage visuel aide à entrer dans le concret, le sensoriel, et stimule l’imagination. Quand une image apparaît en temps réel, dessinée au moment même où a lieu la conversation, elle devient un miroir, catalyseur et amplificateur de tout ce qui se dit : elle participe à une élaboration gratifiante de la réflexion et de l’action qui en découle. Cette image possède alors un pouvoir extraordinaire : elle facilite la réflexion, fédère et met en mouvement, comme le ferait un étendard levé. C’est le but de la facilitation graphique.

Action

Faire émerger la saveur des idées
Je connais le pouvoir des mots et des images. Ils rassemblent et engagent toute une équipe dans le chemin qui va porter l’entreprise à la réussite. Quand je dessine dans le cadre d’une facilitation graphique, je note en même temps que j’organise les réflexions et les idées, sous forme de mots et d’images. Je prends un malin plaisir à croquer notamment les métaphores ou symboles utilisés de façon souvent inconscientes, ainsi que les paroles dites en l’air ou en passant. Car ces instantanés échappés de la pensée sont plus colorés, plus vivants et ont davantage de saveurs qu’un discours appris par cœur, rationnel ou officiel. Dans ces spontanés se trouve la sève des idées et des valeurs que l’entreprise a besoin de communiquer.

Références

Pour qui ?
La facilitation graphique s’adresse à tous les acteurs de changement : consultants, coachs, formateurs, chefs de projets, entreprises innovantes, entrepreneurs inspirés, créateurs dans l’âme…
Elle se pratique lors de réunions, séminaires en intelligence collective ou de co-design, conversations en World Café et échanges en Open Space, conférences stratégiques, brainstorming, groupes de créativité, etc. Ses applications sont multiples et encore à inventer.

Signature auto-portrait

Ce qui fait ma spécificité
Grâce à ma pratique du coaching, j’ai appris à écouter activement. Je m’adapte par une écoute très particulière, vivante et confiante dans le processus. Mes vingt ans d’expérience dans le monde du graphisme m’ont enseigné le décryptage des images pour en dégager la charge symbolique. Les images ont un pouvoir immense : elles permettent de synthétiser et de faire intégrer des idées. Mes dessins croqués dans l’instant aspirent à un rendu esthétique vivant et puissant, notamment grâce à l’utilisation de la couleur, et sont porteurs de toute la richesse des échanges.

Mon travail est d’arriver à sublimer les mots, les idées, les intuitions…

Contraintes fresque

Concrètement :

  • Je tends un papier, d’environ 1 m de haut et le plus long possible, sur un mur lisse et visible par toutes les personnes présentes lors de la réunion ou du séminaire.
  • Je tends l’oreille pour saisir les mots, expressions, idées, métaphores et schémas utilisés, ainsi que l’énergie présente au moment des échanges.
  • Je traduis et organise visuellement le contenu tout au long de la réunion. La fresque devient un miroir dynamique et renvoie aux participants la qualité de leurs échanges et la teneur de leurs réflexions. Elle stimule la créativité, matérialise le chemin parcouru ainsi que les solutions qui s’improvisent, et devient un tremplin pour les actions à venir. Une fois terminée, elle est photographiée et remise au commanditaire de la réunion.

Je n’anime pas moi-même la réunion lorsque je pratique la facilitation graphique : je fonctionne en binôme, avec le ou les animateurs de la réunion ou du séminaire.

Imaginez cette même réunion sans la fresque ? Pour ceux qui l’ont expérimenté, imaginer la même réunion avec un mur blanc ou vide à la place de la fresque est vécu comme un appauvrissement démotivant et déstabilisant.

CVT orange

Quelques conditions nécessaires pour optimiser la facilitation graphique :

  1. Une contrainte technique tout d’abord, puisqu’il faut un grand mur lisse (le plus long possible, un rouleau de papier pouvant recouvrir 10 m de long) pour étendre le papier sur lequel dessiner la fresque qui doit être idéalement visible par tous les participants. Quand la salle ne comporte pas de grands murs lisses, il existe deux options : soit louer des panneaux Neuland ou Metaplan (qui font environ 3 m de long), soit dessiner la fresque sur mon ipad relié à un projecteur (le dessin sur papier est plus “spectaculaire” et stimulant mais la version électronique est une alternative satisfaisante).
  2. Le but de cette technique est de favoriser l’interrelation, la créativité et l’intelligence collective. Elle nécessite un état d’esprit qui se traduit déjà dans le choix du lieu : un espace accueillant, chaleureux et qui rassemble le groupe.
  3. Donner les principes de base pour un échange collaboratif ouvert : créer un cadre pour mettre tous les participants à l’aise et les encourager à parler de façon créative et authentique (selon les modèles du World Cafe ou Open Space, par exemple).
  4. Les interactions entre la fresque et les participants sont non seulement possibles mais encouragées pendant la facilitation graphique pour que la restitution visuelle prenne toute sa valeur et soit le plus efficace possible : renvoyer régulièrement sur les images ou contenus de la fresque, demander aux participants de compléter en dessinant eux-même ou en y ajoutant dessins, post-it, collages… Inviter chaque participant à s’approprier un “bout” de cette fresque, en le photographiant ou en l’intégrant par une visualisation guidée (je propose un exercice de clôture à partir des images ou mots de la fresque pour que chacun puisse prendre conscience de ce qui a été le plus marquant et de ce qui a été appris : “Avec quoi est-ce que je repars ?”).
  5. Je propose également une lecture et interprétation de la fresque, à partir des choix que j’ai fait et de ce que j’ai capté en la réalisant : ce moment est particulièrement important pour permettre aux participants de gagner en impact par rapport à tout le travail effectué au cours de la réunion ou du séminaire.

Que devient la fresque une fois la réunion terminée ?
La fresque appartient et est remise à la personne ou entité qui l’a commanditée. Elle est photographiée dans son intégralité et également en plans rapprochés pour isoler des détails, des contenus, des images particulièrement fortes. Ces recadrages peuvent servir de point de départ à un futur compte-rendu ou illustrer des idées et actions retenues. Elle peut être mise en ligne sur un serveur, partagée par mail, intégrée dans un film ou un rapport, imprimée et distribuée comme souvenir, exposée dans les locaux de l’entreprise, etc. Elle peut servir de support comme matériel créatif pour une réflexion ultérieure.

Pour en savoir plus, voici deux minutes trente de voyage au pays de la facilitation graphique.